Pourquoi j’écris encore

J’écris parce que je ne sais pas encore ce que je pense.
C’est l’aveu le moins flatteur qu’un auteur puisse faire, et le seul honnête. On imagine l’essayiste devant une conviction déjà formée, occupé à l’habiller de phrases. La réalité est plus modeste : j’ouvre le document avec un désordre, deux ou trois intuitions qui grattent, une colère mal située, et je n’ai que l’écriture pour savoir ce qu’il y a dedans. Écrire reste, à ce jour, la façon la moins malhonnête de mettre un peu d’ordre dans le vacarme. À condition de ne pas confondre l’ordre avec l’alignement, ni la clarté avec la simplification.
Or ce livre parle précisément de cela. D’une époque qui nous propose de déléguer l’effort de penser à des machines qui le font plus vite, et souvent mieux en apparence. Penser par soi-même, à la main, à des heures indues, n’est plus en 2026 un geste neutre : c’est un pas de côté. Une petite résistance de bureau contre la tentation de laisser l’outil formuler à notre place ce que nous n’avons pas pris la peine de comprendre.
Alors j’écris autour de quelques obsessions qui, à force, ont fini par dessiner une carte. Le progrès (le technologique et tout le reste) et ce qu’il nous fait payer sans jamais présenter la facture. La différence entre l’utile et le subtil, que notre siècle confond avec méthode. La frontière mouvante entre la technologie et l’humain. La transition, ce mot poli pour avouer qu’on ignore où l’on va. La saveur d’exister, qu’aucune métrique ne sait capturer. Le système, le soi, le temps, le sens. Et, par-dessus tout, les interrogations : un essai qui répond à tout ment sur au moins une chose. Le clown et Épicure ne sont jamais loin de ma pensée.
Je ne m’impose qu’une discipline, la même depuis quarante ans : rester fidèle à l’esprit de l’exercice plutôt qu’à mes conclusions. Chercher clair, sans faire semblant que le monde le soit. Varier les manières d’enquêter (le terrain, la lecture, la conversation, l’anecdote, parfois la machine elle-même) plutôt que m’enfermer dans une seule. Traiter le français, qui n’est pas ma langue maternelle, avec le respect dû à un outil de précision et le plaisir qu’on prend à un instrument de musique. Regarder, aussi, sans détourner les yeux : la novlangue gagner du terrain, et une marmaille surprotégée dans le monde réel autant qu’abandonnée dans le virtuel. Explorer, toujours et enfin : accepter d’avoir tort en chemin.
Le reste (les certitudes, les prophéties, les recettes) aura vieilli avant l’impression. Ceci, je l’espère, un peu moins.
Et si vous avez lu jusqu’ici sans confier ces lignes à une machine pour qu’elle vous les résume, nous faisons déjà, vous et moi, le même pas de côté.
On n’écrit pas pour avoir raison. On écrit pour savoir de quoi on avait peur.
Serge Dielens écrit autour de son essai « C’était mieux demain. Vies numériques, maturité nécessaire », Éditions Aptitudes, 2026.
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© Serge Dielens

Depuis dix ans, on vous explique comment fonctionne l’intelligence artificielle. Ce livre pose une autre question, plus dérangeante : qu’est-ce qu’elle nous fait, concrètement ? En trois mouvements clairs — ce qui a migré, ce que cela nous coûte, ce que nous pouvons encore reprendre — C’était mieux demain met des mots précis sur une transformation que chacun ressent sans toujours parvenir à la nommer. Il ne s’adresse ni aux technophobes ni aux naïfs, mais à une génération de professionnels (35–65 ans) qui utilisent ces outils chaque jour et pressentent qu’ils ont déjà cédé plus qu’ils ne l’auraient voulu. Serge Dielens écrit depuis le terrain. Formation Initiale : Serge Dielens a suivi un parcours académique brillant qui a forgé ses compétences et ses connaissances approfondies dans le domaine de la psychologie, de la santé, de l’éducation et de la Communication-marketing. Il a d’abord obtenu une Maîtrise en Sciences de la Motricité à l’UCLouvain (il a été major de sa promotion) où il a soutenu sa thèse en 1981 (sous la direction du Professeur Jacques Piel), avec la plus grande distinction et les félicitations du jury. Serge a ensuite obtenu une Maîtrise en Loisirs et Milieu du Travail à l’Université Libre de Bruxelles en 1983. Tout en officiant comme enseignant et journaliste freelance puis attaché de presse, il a poursuivi ses études en Marketing & Publicité à la Solvay Business School, où il a été diplômé en 1991. Quarante ans dans les médias, la communication et l’enseignement universitaire lui donnent une position rare : celle d’un observateur impliqué, lucide, qui a vu basculer les pratiques. Du Sport Aid de 1986 sans réseaux aux auditoires de l’UCLouvain aujourd’hui (tout comme fin des années 80, où Serge a officié comme prof invité durant deux années académiques), têtes penchées sur les écrans, son regard est ancré dans une expérience vécue. Et cela se sent à chaque page. Le moment est décisif. L’IA agentique n’est plus une promesse mais une réalité opérationnelle. Les premières décisions de justice contre les plateformes tombent. Le cadre légal s’organise. Le débat quitte les marges pour devenir central. Ce livre arrive exactement à ce point de bascule. Sa méthode est assumée : écrit par un homme avec l’aide d’une machine, et non l’inverse. Ce choix n’est pas un détail, il est au cœur du propos. Le livre ne surplombe pas son sujet, il l’habite. Enfin, sa force tient à sa voix. Rare dans l’essai francophone sur le numérique, elle est nette, incarnée, sans compromis inutile. Certains passages (sur le taylorisme numérique ou l’addiction des enfants) ne cherchent pas à rassurer. Ils marquent. Ce sont eux qui feront que le livre sera lu, discuté, cité. C’était mieux demain n’explique pas le monde qui vient. Il aide à comprendre ce que nous sommes déjà en train de devenir.

C’ETAIT MIEUX DEMAIN

L’intelligence artificielle ne menace pas notre existence.
Elle menace quelque chose de plus subtil : notre habitude de penser par nous-mêmes, de choisir ce qui compte, de résister à ce qui nous dépasse. Ce livre n’est ni un manuel de survie numérique ni un plaidoyer nostalgique. C’est une invitation à regarder lucidement ce que nous sommes en train de céder, et à décider, consciemment, ce que nous voulons garder.

Dans son livre “Alors quoi demain?” (2020)​, Serge Dielens questionne notre société

Au coeur de l’essai “Alors quoi demain?” de Serge Dielens se trouve une question cruciale : que nous réserve l’avenir ? Cet ouvrage passionnant et réfléchi nous plonge dans une réflexion sur les défis auxquels nous sommes confrontés en tant que société, et explore les différentes possibilités qui s’offrent à nous pour construire un futur…